Note de conjoncture année 2024

 

Entre turbulences politiques et opportunités économiques

L’année 2024 s’inscrit dans un contexte d’instabilité politique et économique. La dissolution de l’Assemblée nationale, la persistance du conflit en Ukraine, et les conséquences des élections américaines ont façonné un climat d’incertitude, sans pour autant créer de remous sur les marchés financiers qui ont poursuivi leur hausse.

Dans la zone euro, l'inflation a légèrement diminué sur l'année, passant de 2,9 % en janvier à 2,4 % en décembre, un rythme plus lent qu'espéré. Cette baisse a conduit la BCE à adopter une approche prudente en limitant le nombre de baisses de taux, malgré l’insistance de certains investisseurs et économistes pour une baisse plus rapide. De son côté, la Réserve Fédérale américaine (FED) a abaissé ses taux à trois reprises, confirmant ainsi sa stratégie prudente face à une économie américaine plus résiliente.

Dans la zone euro, l'inflation a légèrement diminué sur l'année, passant de 2,9 % en janvier à 2,4 % en décembre, un rythme plus lent qu'espéré. Cette baisse a conduit la BCE à adopter une approche prudente en limitant le nombre de baisses de taux, malgré l’insistance de certains investisseurs et économistes pour une baisse plus rapide.

En France, les instabilités politiques dues aux dissolutions, constitutions de nouveaux gouvernements et motion de censure, ont freiné la croissance économique nationale, laquelle demeure proche de zéro sur l’ensemble de l’année.

Les agences de notation Moody’s et Standard & Poor’s ont dégradé la note de la France. Moody’s considère que la France ne pourra pas réduire durablement l’ampleur de son déficit budgétaire. En effet, la dette de la France s’est faite remarquer cette année avec une prévision du gouvernement de 5,1% pour terminer en décembre à 6,1%. Le dérapage de la dette en 2024, ainsi que la nouvelle loi de finance pour l’année 2025 afin d’y remédier étaient au cœur des débats à l’Assemblée nationale. Le gouvernement de Michel Barnier est tombé le 2 décembre à la suite d’une motion de censure sur un texte concernant le budget de la sécurité sociale.

Le taux de croissance du PIB en 2024 est de 3,1% pour les US, 0,9% pour l’Union Européenne dont 1,1% pour la France, - 0,2% pour l’Allemagne et 3% pour l’Espagne.

Les projections du FMI (Fonds Monétaire International) concernant le taux de croissance de l’année 2025 sont seulement d’1,8% pour les pays développés, 2,7% pour les US, 1% pour la zone euro dont 0,3% pour l’Allemagne, 0,8% pour la France et 2,3% pour l’Espagne.

L'économie américaine a enregistré une croissance solide en 2024, soutenue par une consommation résiliente et un marché de l'emploi robuste. L'inflation, après une légère hausse en début d'année, a progressivement reculé pour atteindre environ 3,5 % en décembre, ce qui a permis à la FED d'ajuster graduellement ses taux d'intérêt.

Sur le plan politique, l'élection présidentielle de novembre 2024 a marqué le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Dans les premiers jours de son mandat, le nouveau président des Etats-Unis a pris des mesures fortes et dans le sens opposé du gouvernement de l’ancien président. Nous pouvons citer par exemple :

- Les 300 milliards de financement de la transition écologique stoppés, tandis que des projets déjà en cours sont en attente de financement.

- Sortie également de l'Accord de Paris sur le climat.

- Augmentation des impôts pour les étrangers et les entreprises étrangères, si le projet de taxation minimum mondiale pour les multinationales américaines est maintenu.

- Une première taxe de 10% sur les importations chinoises en attente de négociation.

- 500 milliards de dollars d'investissement dans l'IA sur 4 ans, dont 100 md$ immédiatement

Ces mesures doivent être acceptées par le Congrès et la Cour suprême, deux institutions où les Républicains sont en majorité absolue.

La FED a décidé de réduire ses taux directeurs de 25 points en fin d’année 2024. Son discours reste prudent concernant ses futures baisses de taux : la Banque Centrale Américaine a revu ses attentes d’inflation et des taux directeurs à la hausse, anticipant désormais seulement deux baisses de taux en 2025 (contre quatre lors de la dernière publication de leurs perspectives). Une partie des membres de la FED anticipe l’impact potentiellement inflationniste des mesures sur l’immigration ou les tarifs douaniers prévues par Trump.

La Chine peine à se relever de la crise de son secteur immobilier. Les différents plans de relance à court terme au second semestre ont permis à la Chine d’atteindre son objectif de 5% de croissance pour l’année 2024 (le rythme le plus faible depuis trois décennies). Ce chiffre est en baisse par rapport à l’année 2023. Des mesures plus importantes pour la croissance à long terme ont été annoncées et pourraient être complétées dans les semaines à venir. Les prévisions de relance de l’économie chinoise pour l’année 2025 restent très prudentes, notamment avec la menace d’augmentation des droits de douane pour ses produits exportés aux Etats-Unis.

Pour la deuxième année consécutive, l’Allemagne est en récession. L’économie allemande a reculé de 0,2% en 2024, affectée par une crise de son modèle économique à laquelle s’ajoute une crise politique. Des élections fédérales anticipées auront lieu le 23 février prochain. Le thème principal de la campagne est l’assouplissement ou non des règles d’endettement de l’État Allemand. En effet, l’Allemagne pourrait stimuler son économie avec des plans de relance, elle en a les moyens mais son endettement est limité aujourd’hui par une loi. La dette de l’Allemagne s’élève à 64% de son PIB en 2024, ce qui est l’un des endettements les plus faibles au monde. Pour comparer la France est à 114 % de son PIB et les Etats-Unis sont à 98% de son PIB.

Dans le paysage économique mondial, la Corée du Sud traverse une crise politique à la suite du coup de force manqué de son président. Cette instabilité a fortement déstabilisé les marchés financiers.

Après un très fort recul en début d’année 2024, l’économie du Japon devrait rester à son niveau de 2023, en légère hausse.

Au Royaume-Uni, les élections de juillet 2024 ont marqué le retour au pouvoir du parti travailliste après 15 ans de gouvernement conservateur. La priorité du nouveau gouvernement est le retour de la croissance après une période prolongée d’instabilité économique.

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Performance des classes d’actifs

Les Actions

Les bourses mondiales ont présenté de bonnes performances en 2024. Les valeurs technologiques ont dominé les performances, le NASDAQ fini en première place des indices, comme en 2023. Nous pouvons noter l’essor des technologies vertes et de l’intelligence artificielle, faisant naître de véritable géant comme Nvidia avec 3 340 milliards de dollars en capitalisation boursière et + 171,17 % de performance en bourse en 2024.

En revanche, le CAC 40 n’a pas suivi cette dynamique globale. Le principal indice français a pourtant dépassé pour la première fois de son histoire les 8 000 points début mars 2024 à la suite des anticipations de début de baisse des taux de la Banque centrale européenne. Avec une progression inférieure à celle de ses homologues européens et mondiaux, plusieurs facteurs expliquent cette contre-performance :

La dépendance à des secteurs matures (luxe, énergie, finance) et le poids limité des valeurs technologiques, un secteur en plein essor, mais sous-représenté dans l’indice français. Ainsi que des vents contraires pour les géants du luxe, frappés par une consommation chinoise en berne.

- Cac 40 (- 2,1 %) : Le CAC 40 est l’indice phare de la Bourse de Paris. Il est composé des 40 valeurs françaises les plus importantes en termes de capitalisation.

- Nasdaq (+ 32,97 %) :Le NASDAQ est une bourse de valeurs basée à Wall Street. Il s’agit de la deuxième plus grande bourse du monde en termes de capitalisation boursière. Il est connu pour sa cotation des sociétés technologiques, ainsi que d’autres sociétés dans le secteur tels que la santé et la biotechnologie.

- Dax (+ 18,85 %) : Le DAX est un indice boursier qui représente la performance des 30 sociétés les plus importantes cotées à la Bourse de Francfort. C’est l’un des indices les plus suivis en Allemagne ; il est considéré comme un indicateur clé de la santé économique du pays.

- Dow Jones (+ 12,88 %) : Le Dow Jones Industrial Average, souvent raccourci en Dow Jones, est un indice du New York Stock Exchange. C'est le plus vieil indice boursier du monde. L'indice repose sur la capitalisation boursière de 30 des plus grosses entreprises cotées aux États-Unis.

- Euro Stoxx 50 (+ 8,28 %) : L’Euro Stoxx 50 est un indice boursier au niveau de la zone euro. Au même titre que le CAC 40 pour la France, l'Euro Stoxx 50 regroupe 50 sociétés selon leur capitalisation boursière au sein de la zone euro et non pas au niveau de l'Europe ni de l'Union européenne.

Nvidia a permis à l’indice boursier américain de surperformer tous les autres. Mais sans Nvidia le S&P 500 aurait une performance similaire à celle des indices européens. Comment une entreprise peut-elle influencer à ce point un indice ? Cela s’explique par ses incroyables performances, en 2024 Nvidia affiche une performance de plus de 180 %. Elle détient le record mondial du plus grand gain en termes de capitalisation boursière avec un bond de plus de 2 000 milliards de dollars, pour atteindre 3 280 milliards de dollars de capitalisation. À titre de comparaison, le fleuron français et européen LVMH est « seulement » valorisé à 371 milliards d’euros. Nvidia a su se rendre indispensable dans le secteur de l’intelligence artificielle en produisant des puces essentielles à cette technologie.

Les Obligations

Le marché obligataire a continué à offrir des opportunités attractives en 2024, notamment dans le segment des obligations à haut rendement, qui ont bénéficié de primes de risque élevées malgré une hausse des risques de défaut dans certains secteurs tels que l'immobilier commercial et les entreprises très endettées. En Europe, les investisseurs ont maintenu leur préférence pour des obligations à courte durée, attirés par une volatilité réduite et des rendements intéressants encore soutenus par une politique monétaire restrictive.

En effet, dans la continuité de l’année 2023, la catégorie des fonds monétaires en euros affiche une performance de + 3,60 % depuis le début de l’année selon Quantalys. Une progression qui permet aux investisseurs de patienter en toute sérénité entre deux investissements plus rentables. La situation devrait se dégrader progressivement pour les fonds euros au fur et à mesure de la baisse des taux de la BCE et de la FED.

Par ailleurs, la demande pour des obligations vertes et durables a enregistré une forte croissance, les investisseurs cherchant à aligner leurs portefeuilles avec les objectifs ESG. Les émissions d'obligations souveraines ont également augmenté, plusieurs gouvernements européens ayant recours aux marchés pour financer des programmes de transition énergétique. Pour la seule année 2024, 49 nouveaux émetteurs ont fait leur entrée sur le marché des obligations vertes. Concrètement, les obligations vertes financent des projets qui visent à exercer un impact positif sur l'environnement et qui, à terme, contribuent à la transition vers une économie bas carbone.

L’immobilier

Le marché immobilier français en 2024 a été marqué par plusieurs tendances significatives. À commencer par la baisse des prix de l’immobilier. En effet, les prix ont diminué en moyenne de 4% sur l’année, avec des baisses plus prononcées dans des villes comme Bordeaux (-8,6%) et Lyon (-8,1%).

Après une forte hausse en 2023, les taux d’intérêt des crédits immobiliers ont commencé à se stabiliser (voir graphique), avec un taux moyen de 3,83% en mai 2024. Malgré cette stabilisation, l’accès au crédit reste restreint, impactant particulièrement les primo-accédants et les investisseurs.

Une crise de l’offre locative se profile, notamment dans les grandes métropoles, exacerbée par des réglementations plus strictes et une demande accrue.

Le secteur du neuf traverse également une crise, avec une baisse de 8,3% des ventes de logements neufs au deuxième trimestre 2024 par rapport à la même période en 2023.

Pour l’année 2025, une reprise progressive des transactions est envisageable grâce à la stabilisation des taux d’intérêt et une amélioration possible des conditions d’octroi de crédit.

Nous pouvons également noter la fin de certains dispositifs fiscaux, avec la suppression du « Pinel » en décembre 2024, sans alternative annoncée. Les réglementations énergétiques de plus en plus strictes, notamment concernant les « passoires thermiques », imposent aux investisseurs de considérer les coûts de rénovation pour mettre les biens en conformité, sous peine de ne pas pouvoir les louer.

En conclusion, le marché immobilier français traverse une période de transition, avec des ajustements tant au niveau des prix que des volumes de transactions. Les prochains mois seront déterminants pour confirmer ces tendances et observer l’impact des mesures économiques et politiques sur le secteur.

À noter également

L’or a enregistré une hausse significative de + 34 %, soutenue par une demande accrue des banques centrales, notamment en Asie et en Amérique du Sud. Le Bitcoin a connu une reprise spectaculaire, avec une progression de + 123 %, à mesure que les investisseurs institutionnels renforçaient leur exposition. Donald Trump et Elon Musk promettent l’âge d’or de la cryptomonnaie pendant au moins quatre ans. Le Brent a terminé l’année 2024 en légère baisse de 2,92 %, dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes.

 
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