Note de conjoncture - janvier 2022

 

Bourse et immobilier : bilan et perspectives

Le contexte économique

En 2021, la reprise de l’économie mondiale était au rendez-vous malgré les tensions sur l’offre (goulots d’étranglement dans les circuits de production, hausse des prix de l’énergie…) et le retour des incertitudes économiques en Chine. La croissance économique mondiale a été de 6% en 2021.

Rappelons que 32 000 milliards de dollars ont été injectés dans l’économie à travers le monde pour surmonter la crise du covid depuis 2020.

Les dernières estimations de la Banque de France, mises à jour le 20 décembre 2021, indiquent que la croissance du PIB en France atteindrait 6,7 % en 2021 en moyenne annuelle

L’inflation

En octobre, on a pu noter le retour de l’inflation (6,2% aux US et 4,1% sur la zone euro).

En décembre, la FED a surpris positivement les investisseurs lors de son comité de politique monétaire en estimant que l’économie américaine était suffisamment résiliente, s’agissant notamment de l’emploi, pour prendre des mesures fortes pour juguler l’inflation. La BCE a annoncé être sur le point d'atteindre son objectif d'inflation et vouloir mettre fin à ses mesures de relance en mars 2022, tout en doublant temporairement son programme d'achats d'actifs. Elle a également acté un ralentissement des achats d'obligations en 2022 tout en promettant le maintien des taux bas.

Les actions

En dépit de la persistance de la crise sanitaire, les marchés financiers ont connu une croissance époustouflante en 2021 avec une hausse en euros de 30% pour les marchés mondiaux, comme illustré par le MSCI Monde, de +35% (toujours en euros) pour les marchés américains. Le CAC 40 a clôturé le 31/12/21 à 7 160,61 points. Il a progressé de près de 29 % sur l'ensemble de l'année 2021. 

Ainsi, les marchés financiers ont balayé la crise du COVID et sa baisse de 35%.

Mais cette progression ne s'est pas faite de manière homogène, puisque nous avons connu deux fortes rotations sectorielles sur la période ;

  • La première de janvier à mars, avec une forte reprise des valeurs industrielles, pétrolières ou encore financières qui ont progressé de 15% alors que les valeurs de croissance n'étaient en hausse que de 7%.

  • Puis d'avril à décembre, avec le grand retour des valeurs de croissance en augmentation de 34% alors que les valeurs cycliques n'ont progressé que de 14%, soit un écart de 0% entre ces deux secteurs.

  • Par la forte reprise de la croissance économique. En effet, dès le 1er semestre de cette année, les États-Unis avait retrouvé leur niveau de PIB de 2019 avec une croissance attendue de +7% et une situation de plein emploi. Il faudra attendre le 1er semestre 2022 pour que l'Europe retrouve son niveau de PIB de 2019 avec une croissance attendue de 4% cette année.

  • C'est une situation qui reste propre aux pays développés car les zones émergentes sont en souffrance. La Chine a connu un fort ralentissement de sa croissance, estimée à 4% en 2021 contre 6/7% les années antérieures avec un tassement de sa consommation domestique et une dégradation de la situation sanitaire. Le pays a fait face également à des tensions sur le secteur de l'immobilier, avec la quasi faillite du 2nd promoteur immobilier chinois Evergrande qui porte plus de 300 Mrds USD de dette. Un secteur qui représente 25% du PIB Chinois.

Les obligations

Les banques centrales ont décidé une hausse des taux en début d'année, sur fond d'une reprise de la croissance économique et la perspective d'importants plans de relance, conduisant à une augmentation du taux 10 ans américain de 80% passant de 0,94% en janvier à 1,75% en mars. Depuis les taux n'ont eu de cesse de baisser, puisque le taux 10 ans américain est à 1,45%, le taux 10 ans allemand à -0,35% et le taux français à 0%.

Une baisse des taux qui ignore donc pour l'instant la reprise économique et les tensions inflationnistes concomitantes ainsi que la fin du programme d'expansion monétaire annoncé pour juin 2022.

L’immobilier

L’année 2021 montre également dans l’immobilier une belle dynamique qui se poursuit. Ainsi, on estime à 1.182.000 le nombre de ventes immobilières, en France, sur l’année, soit 150.000 de plus que l’année passée, confirmant la valeur refuge de la pierre et son aspect sécurisant pour les ménages français. 

Cette croissance moyenne des prix de 7% à l’année, est d’autant plus forte dans les villes de province et à la campagne, ainsi que pour les maisons qui augmentent bien plus que les appartements. Cette volonté de  « prendre l’air » continue de se confirmer avec 69% des Français qui souhaitent habiter dans un logement doté d’un extérieur.
On constate également le dynamisme des villes moyennes et du littoral, en parallèle du ralentissement de croissance des grandes métropoles, ce qui entraîne une flambée des prix dans des villes autrefois peu cotées à l’instar de Brest, La Rochelle, etc. 

Cependant, même si le marché reste dynamique, les foyers sont contraints d’emprunter plus – car leur pouvoir d’achat immobilier est en net recul – et d’augmenter leur apport initial, les banques exigeant plus de garanties. 
Les contraintes de crédit immobilier qui étaient jusqu’à présent recommandées par le Haut Conseil de Stabilité Financière sont devenues obligatoires au 1er janvier 2022. Ces mesures entraîneront peut-être un léger ralentissement de croissance à cause de l’impact sur la capacité d’emprunt des foyers, notamment pour les revenus les plus modestes et pour l’investissement locatif. En revanche, le prêt à taux zéro, est pour le moment maintenu jusqu’en 2023, ce qui devrait permettre de continuer à aider les ménages modestes dans l’acquisition d’une résidence principale. Enfin, la loi Lemoine sera promulguée prochainement, elle donnera la possibilité de changer d’assurance emprunteur à tout moment et facilement, permettant ainsi d’abaisser éventuellement les mensualités de remboursement.

2022 annonce peu d’évolution dans les dispositifs d’avantages fiscaux liés à l’immobilier, avec le maintien du statut LMNP et de la loi Denormandie. Cependant, il est prévu de supprimer le dispositif Pinel en 2024, avec une réduction des avantages fiscaux dès 2023. Celui-ci devrait être remplacé par le « Super-Pinel » qui prendra en compte de nouvelles caractéristiques, notamment environnementales, pour les logements. 

 
 

 
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